Le cyberpunk, qu’est-ce que c’est ?

Et c’est parti : le blog démarre vraiment avec ma petite description de ce qui sera un fil rouge ici : le saïbeurpunk ! D’où vient cette culture, comment a-t-elle, en quelques années, changé le visage de la science-fiction ?

Nous sommes dans les années 70. Le réseau internet est à l’état d’embryon, et seulement disponible aux États-Unis. Les ordinateurs ? De gros monstres (les mainframes), disponibles uniquement sur demande, et pour l’armée, les universités et les scientifiques. Mais dans la Silicon Valley, cela est sur le point de changer grâce à des bricoleurs qui inventent l’ordinateur personnel. Derrière cette invention, il y a l’idée que chacun pourra, dans le futur, librement créer et publier du contenu, programmes ou documents. L’idée est novatrice, à l’époque l’ordinateur est presque comme un accélérateur de particules : c’est un gros engin complexe qui fait peur !

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Akira, sa moto, ses savants fous, ses lumières rouges !

A la même époque, la crise économique se profile. Au Japon, cela va se répercuter au cinéma et dans les mangas/anime, avec Burst City ou Akira (1982), montrant un monde où la vitesse et la violence ont pris le dessus. En Angleterre, le mouvement punk avec les célèbres Sex Pistols bouscule la musique et la mode. Le pessimisme gagne la jeunesse, mais aussi la révolte et un désir de liberté sans limites, parfois l’anarchisme. Le punk rock, la musique industrielle/électro naissante sont sur le point d’entrer dans la science-fiction, car c’est auprès de la jeune génération qu’elle trouve un large public. William Gibson, un américain trentenaire, commence à écrire des nouvelles à l’ambiance inédite, où se mêlent mégalopoles asiatiques, histoires de mafias et de trafic d’informations, et, bientôt, piratage informatique (Gravé sur Chrome, 1982, année où naît le terme cyberpunk). Dans les autres influences majeures, on compte les BD de Metal Hurlant, notamment de Moebius, et l’oeuvre de Philip K. Dick, à qui on doit Blade Runner, Minority Report, Total Recall et bien d’autres histoires adaptées au cinéma.

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L’ambiance urbaine du film Blade Runner a marqué à jamais la SF.

Le cyberpunk va rendre la SF plus terre-à-terre et proche des préoccupations de la crise. Loin des space operas grandioses, les protagonistes sont souvent des antihéros, hors-la-loi comme Case dans Neuromancien, flic dépressif comme Deckard dans Blade Runner, quand ce n’est pas toxicomane comme Spider Jérusalem dans l’excellent Transmetropolitan. Le cyber, c’est avant tout le crime, les néons des mégalopoles insomniaques, les casques virtuels, l’homme cybernétique et les robots qui, au contraire, s’humanisent et nous prennent de vitesse. Il est assez peu question d’espace car c’est un futur très proche. En fait, c’est même devenu notre présent, c’est pourquoi le genre a été forcé d’évoluer. Il reste tant d’autres œuvres à évoquer… Mais ça, c’est pour une autre fois, les amis !

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Johnny Mnemonic, un film inspiré de Gibson où joue Keanu Reeves !