Entretien avec Pierre Sabatier, agronome de formation, Charles Gave, qui travaille dans la finance et Olivier Delamarche, économiste :
Des commentateurs de différents bords pensent qu’un krach financier va bientôt survenir, peut-être plus violent encore que celui d’il y a dix ans, quand Lehman Brothers avait fait faillite à la rentrée 2008. D’ailleurs, cette crise-là était sans précédent depuis 1929, avec les conséquences que l’on connaît en termes de délabrement de la société, en Europe notamment.
Le Quantitative Easing, ou planche à billets pour les intimes
La chute de Wall Street lors du jeudi noir en 1929 a entraîné, la décennie suivante, un vent de dépression sur l’Europe (chute du PIB qui se distingue de la récession par sa durabilité inquiétante). Le système libéral capitaliste « à l’ancienne » a alors été remplacé dans la majeure partie de l’Europe par des systèmes totalitaires socialistes : marxisme-léninisme, nazisme, fascisme, et gain d’influence de leurs idées dans les pays restés pluralistes. Mais cette crise et ces régimes criminels ne sont pas sortis du néant : ils ont exploité la misère provoquée par une politique économique catastrophique, en Allemagne notamment où la monnaie avait perdu toute valeur. Écoutez ce qu’en dit Pierre Jovanovic, journaliste qui s’est spécialisé dans l’actualité financière sur le terrain :
https://www.youtube.com/watch?v=9pQ4fiw89O0
D’autres commentateurs prennent le contrepied de ce scandale dénoncé par une grande partie des dissidents, en prenant la défense du système financier, et en justifiant le prélèvement des épargnants et le sauvetage des banques dans le cas de Chypre, il y a bientôt 4 ans. Voici un article de Philippe Fabry, qui reconnaît de fait que si une telle action est nécessaire, c’est que la finance mondiale est justement au bord de l’effondrement :
http://www.historionomie.com/archives/2015/12/24/33111296.html
Si tu veux la guerre, prépare le prêt

A chaque fois que les États-Unis ont traversé une crise financière depuis la fin du XIX° siècle, des guerres ont été menées et ont stimulé le complexe militaro-industriel, avec toutes les retombées industrielles que l’on connaît pour l’économie civile. Nous vivons dans un système très militarisé, même si le confort moderne (qui provient de la société de consommation donc de la reconversion de l’industrie de guerre) nous le fait oublier. Au-delà d’un certain niveau de danger pour le système, la guerre est l’alternative la plus probable à une nouvelle crise. La balle pourrait-elle être dans le camp des pays gardant leurs distances avec l’arnaque bancaire ? Peut-être est-il trop tôt vu comment les réseaux bancaires sont intégrés (Visa, Mastercard couvrent presque toute la planète). Du moins évite-t-on pour le moment l’embrasement grâce aux forces de dissuasion, comme l’a rappelé Vladimir Poutine récemment.

Il reste aussi une possibilité : une technologie qui rendrait obsolète la fiction monétaire des banques et des états. C’est la blockchain, inventée il y a dix ans avec le Bitcoin. Cette cryptomonnaie a fait beaucoup d’émules, et promet de chambouler la banque, l’assurance, l’administration, l’identité, l’énergie, j’en passe et des meilleures. Je ferai un article plus détaillé sur le sujet, toujours est-il que le BTC sert surtout à spéculer et que son usage est encore rare et son image médiatique mauvaise (sauf en Extrême-Orient). Les cryptos sont apparues exactement au moment où la confiance en les banques commençait à s’écrouler. Mais lorsque la bulle explosera si elle explose, cela contribuera peut-être à la panique financière généralisée. La question de savoir si les cryptos sont vraiment des monnaies sera abordée plus tard.
Désolé pour la confusion dans cet article qui part un peu dans tous les sens. Cette synthèse est encore approximative mais je devais l’écrire pour me remettre en selle et m’échauffer un peu sur l’actualité récente. Je vous dis à bientôt, pour des articles plus ciblés et travaillés.
Prime
